Anvers, Belgique. Marie fait de la course à pied au niveau compétition. Elle est très douée mais dépasse ses limites et finit par avoir des évanouissements à répétition. Ne pouvant plus participer aux championnats d'Europe, elle décide d'aller habiter sur la rive gauche du fleuve avec un nouveau petit ami qu'elle vient de rencontrer pour se refaire une santé...
Mais l'entourage de l'immeuble de la rive gauche (linkeroever en néerlandais) est étrange, décalé, les habitants du building sont louches et ont un comportement plutôt bizarre. Et au lieu de s'améliorer la santé de Marie va se dégrader... Tout cela donne un film belge qui baigne dans une atmosphère pas comme les autres, très proche d'un ROSEMARY'S BABY. Le quotidien banal dérape, s'effondre et la rive gauche devient l'endroit des parias, des sorcières. Lieu de légende, elle finit par happer Marie dans ses griffes...
Là où d'habitude le surréalisme fantastique prend souvent le pas dans les films du plat pays, ici la mise en scène de Pieter Van Hees joue sur un bon équilibre entre réel et fantastique, entretenant parfaitement l'atmosphère étrange qui entoure les personnages.
Bien interprété, LINKEROEVER pêche toutefois par une certaine lenteur et une dispersion dans les sujets: réincarnation, satanisme, possession, tout y est mais au final on s'y perd un peu et le récit perd en puissance... Dommage...
Eric Van Cutsem